Il y a au moins deux souffrances dans le parcours d’une personne psychiatrisée : celle qui est à l’origine de la demande de soin, et celle produite par le parcours de soins lui-même.
« Au pavillon des oublié·es » est une série constituée de photographies prises lors d’une hospitalisation sous contrainte à l’hôpital psychiatrique de Saint Egrève en 2016, ainsi que d’images prises au cours des dix années qui ont suivi.
Ce projet tend à mettre en lumière la dimension iatrogène de la médecine psychiatrique française. Des stratégies de survie en dehors du cadre médical — usage de drogues non prescrites, automutilation, lien social — se mettent en place pour compenser l’inefficacité du système moderne.
« Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l’Espérance, comme une chauve-souris,
S’en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris »
Spleen et Idéal- Les Fleurs du Mal – Charles Baudelaire





















